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Suite à votre soutien généreux de notre projet en Ethiopie, qui prévoit à la fois des activités de prévention de l’excision féminine et l’implémentation de traitements médicaux pour toutes les filles et femmes ayant déjà été excisées, nous sommes fiers de vous présenter
l’histoire d’Asiya, qui vous donne un témoignage des progrès réalisés, améliorant la qualité de vie de milliers de femmes.
 
L'histoire d'Asiya
« Je m’appelle Asiya, j’ai 18 ans et je viens tout récemment de me marier à Burhan. Selon la tradition de mon village, j’avais été excisée quand j’étais petite. 
 
Lors de notre nuit de noces, j’avais très peur, comme ma demoiselle d’honneur m’avait raconté que cela allait faire très mal. Or, mon mari était très bienveillant et déterminé de m’aider. Il se renseignait autour et entendait que l’hôpital de notre district avait créé un nouveau service gynécologique en mai 2016, qui n’est non seulement équipé pour traiter des urgences obstétricales et gynécologiques, mais qui peut même réaliser des reconstructions à des femmes excisées.
 
Arrivés à l’hôpital, mon mari et moi avons fait connaissance du Dr. Abreha. Après avoir diagnostiqué ma condition, le docteur a constaté que j’avais subi la forme la plus sévère de l’excision féminine, où non seulement le clitoris, mais aussi les petites et les grandes lèvres avaient été entièrement enlevés. 
 
Les deux côtés de ma vulve étaient cousus et ne m’ont laissé qu’une minuscule ouverture pour le passage de l’urine et des écoulements menstruels. Ceci expliquait non seulement les douleurs que je souffrirais lors de mon premier rapport sexuel, mais aussi mes troubles liées à un flux ralenti du sang menstruel. 
 
Après nous avoir expliqué la procédure, j’ai été « ouvert » par une intervention chirurgicale. La prise en charge compatissante et le suivi consciencieux du Dr. Abreha m’ont beaucoup aidé, et après plusieurs examens de suivi, j’ai été considérée comme guérie. Depuis, je n’éprouve plus des douleurs et je me suis donné pour mission de sensibiliser toute ma communauté à l’abolition de cette pratique cruelle.
 

La situation actuelle : Un collectif de traditions très ancré règle le quotidien

 
Considéré comme un des berceaux de l’humanité, l'Ethiopie est riche en vieilles coutumes et traditions, très répandues parmi les différents groupes ethniques, religieux et sociaux. Profondément enracinées dans un collectif de croyances, de valeurs et de comportements
sociaux et culturels, ces traditions – peu importe si elles sont bénéfiques ou malsaines – règlent le quotidien et la cohabitation de chacun dans la communauté.
 
Dans ce collectif, l’excision féminine est aussi considérée comme une étape nécessaire pour que les filles puissent faire un « bon » mariage – souvent essentiel pour leur acceptation sociale et leur protection économique. Si les familles ne répondent pas à cette attente, leur fille risquera d’être exclue de la société. Dans cette optique, l’excision est perçue comme le meilleur choix pour lui assurer un bon futur.
 

La réponse : Un collectif d’activités variées pour lutter contre l’excision féminine

 
Cette pratique nocive expose une fille à de graves préjudices pour la santé, en la privant de ses droits à un développement en toute santé mentale et physique. Grâce au présent projet, l’UNICEF renforce en même temps le Gouvernement de l’Ethiopie dans son objectif
d’aboutir à un abandon complet de la mutilation génitale féminine jusqu’en 2025.
 

Mobilisation des dirigeants religieux, des individus et des communautés

 
Bien qu’aucune écriture religieuse ne l’édicte, les communautés pratiquant l’excision féminine ont tendance à lier son exécution à la religion. Malheureusement, cette croyance est souvent encore renforcée par des dirigeants religieux qui pensent que l’excision de la fille est prescrite.
 
L’engagement des dirigeants religieux dans la lutte contre la mutilation génitale féminine est indispensable, comme ils sont les seuls à pouvoir « détacher » cette pratique de l’enseignement religieux.
 
Dans beaucoup de communautés éthiopiennes, les hommes attribuent une importance particulière à la chasteté des filles avant le mariage. Ainsi, la tradition prévoit l’application de mesures sévères pour la sauvegarde de la virginité, notamment la pratique du type le plus extrême de l’excision féminine – l’infibulation pharaonique. Ici encore, les familles pratiquent donc l’excision féminine pour être conformes à la société et de maintenir ainsi l’acceptation de leur fille.
 
L’engagement des hommes, même déjà des garçons, dans la lutte contre la mutilation génitale féminine est indispensable, comme il faudra provoquer un changement de leur préférence – vers une acceptation de filles non-excisées pour leurs mariages.
 
Vu la force des normes sociales, il est pratiquement impossible pour un individu d’abandonner tout seul une tradition nocive. Pour lancer un processus de changement
social, il faut engager des discussions collectives, impliquant toute la communauté. Visualiser les dangers de l’excision par des exemples du propre entourage – une fille n’ayant pas survécu son excision, une femme enceinte ayant subi des complications lors de l’accouchement, des problèmes rencontrés dans les couples lors de rapports sexuels – tout ceci aide à faciliter la décision d’un consensus général pour l’abandon.
 
Sachant qu’en Ethiopie, les connaissances sur les droits individuels sont assez limitées, un débat au sein de la communauté sur les conséquences négatives de l’excision féminine à la santé a fait ses preuves dans la lutte contre l’excision génitale féminine.
 

Une nouveauté : Le traitement d’effets médicaux secondaires à l’excision

 
« Pour les filles ici, c’est un sujet très difficile à thématiser, comme cela touche les parties les plus intimes de leur corps », explique Malika, collaboratrice d’une association locale en Afar.
 
Pour améliorer le bien-être des femmes et filles ayant déjà été excisées, l’UNICEF prévoit dans son nouveau projet la création de services de santé capables de traiter toutes sortes d’effets médicaux secondaires à l’excision. A côté de l’élargissement des infrastructures médicales, le renforcement des capacités du personnel médical dans le traitement des filles et femmes excisées est aussi un élément-clé, tout comme déjà leur identification.
 

Comment aider ?

Les activités des équipes UNICEF à non seulement abolir cette tradition cruelle, mais à également améliorer durablement le bien-être physique et psychologique des filles et femmes excisées, peuvent être soutenues par un don (déductible des impôts) : 
 
Sur le compte CCPL d’UNICEF-Luxembourg
IBAN LU71 1111 2144 2050 0000 avec la mention « Stop FGM »
 
Sur notre site web www.unicef.lu/fgm
 

Contact

UNICEF-Luxembourg
Paul Heber, Responsible de la Communication
Tél. : 44 87 15
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